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18/04/2018

Le train doit rester un service public

Le train doit rester un service public

Le transport ferroviaire français va mal. Comment ne pas partager ce constat repris dans la récente tribune d'Yves Crozet et Jean-Claude Raoul (« Les Echos " du 20 juillet 2011) ? Mais leur propos vise à faire croire qu'il n'existe qu'une solution, résumée dans leur titre « La réforme ou le déclin ? ». La « réforme » en question consistant à privatiser le secteur fret de la SNCF, à privatiser le transport ferroviaire régional de voyageurs, à privatiser la maintenance du réseau ferré.

Utilisant la classique réthorique consistant à qualifier de « réforme » une mesure socialement rétrograde, les auteurs oublient que le système ferroviaire a déjà connu cette « réforme » qu'ils appellent de leurs voeux : en 1996 lorsque le gouvernement de droite décida de casser la SNCF pour créer RFF, en 1997 lorsque le gouvernement PS/PCF/Verts décida de mettre en oeuvre cette fatale rupture entre infrastructure et exploitation ferroviaires. Si on s'en tient à la seule SNCF, on ne compte plus les « réformes » entreprises ces vingt-cinq dernières années; des « réformes » qui aboutissent à une désintégration du sens même du travail des cheminots. Il ne s'agit pas seulement des innombrables privatisations déjà effectuées notamment à travers les filialisations, mais aussi de la structuration interne de l'entreprise, de plus en plus placée sous le signe d'absurdes rapports clients/fournisseurs, là où il y a besoin d'une complémentarité... comme le montre un siècle et demi d'histoire ferroviaire !

Il y a quinze ans, l'éclatement du système ferroviaire fit l'objet d'un consensus droite/gauche; au plan syndical, malheureusement, on ne fut pas loin de cette situation : il n'y avait que CFDT et SUD-Rail pour refuser cette solution, en expliquer l'absurdité et les dangers. Par définition, dans le système ferroviaire, infrastructure et exploitation sont totalement liées et interdépendantes; créer deux entités qui défendent des intérêts opposés ne peut qu'aboutir à un affaiblissement de la qualité et de la sécurité. Quoi qu'on pense des directives européennes et de la nécessité ou non de décider politiquement de ne pas s'y soumettre, il faut relever que rien dans ces textes n'oblige à une telle séparation. C'est un point fondamental.

La réforme, les réformes, le système ferroviaire connaît. Mais le déclin aussi : le trafic fret de la SNCF est retombé au niveau de celui des compagnies ferroviaires... en 1911 ! Quant au transport de voyageurs, retards, suppressions de trains, désertification des gares, sont quelques-unes des caractéristiques d'une dégradation que personne ne conteste. Aujourd'hui, la solution pour le trafic régional serait de privatiser. Comme cela n'a pas marché pour le fret, on nous propose de faire la même chose pour le trafic de voyageurs ! Celles et ceux qui ne jurent que par la privatisation veulent cacher derrière des « éléments de langage » ce qui est un choix politique, un choix de société. Pourtant, les choses sont simples : si on considère que le transport ferroviaire, de marchandises et de voyageurs, répond à un besoin collectif, à une nécessité sociale, écologique, économique,... il doit être assuré par un service public ayant les moyens d'assumer cette mission. Par définition, ça ne peut pas être l'objectif d'entreprises privées qui, dans le cadre normal du système économique actuel, ont pour fonction de dégager des profits financiers pour leurs actionnaires, c'est-à-dire de défendre les intérêts d'une minorité, y compris contre les besoins de la collectivité.

Ce service public ferroviaire unifié doit prendre en compte la diversité des réalités régionales. A l'inverse du modèle actuel où, par exemple, la technocratie impose une marche forcée vers le cadencement généralisé, sans les moyens et le temps nécessaires, malgré l'avis des experts cheminots qui ne cessent d'expliquer qu'on va droit dans le mur lors du changement de service de décembre 2011. Mais après tout, l'objectif de certains est peut-être de pousser au maximum la désorganisation du système ferroviaire, dans l'espoir que leurs « solutions " apparaissent indispensables ensuite ? Quand bien même, cela signifierait un désastre pour la société dans son ensemble...

Christian Mahieux est administrateur (SUD-Rail) de la SNCF, secrétaire national de l'Union syndicale Solidaires.
 
 greve sncf

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16:21 Publié dans TRAIN | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : service des essences